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boude, mais l’on s’en aime davantage. Les districts ont un mot de ralliement, & quelles que soient les dispositions des esprits, ils se livrent à l’enthousiasme & s’embrassent tendrement aux noms chéris de Louis XVI & de la Fayette.

On doit des égards à la bonne intention, & tout bon citoyen s’abstient de déclamer contre les districts, sur-tout lorsqu’il réfléchit que notre liberté ne fait que commencer, que nous sommes comme l’enfant qui vient de briser ses lisieres, que nous nous essayons à marcher, & que dans cet apprentissage les faux pas sont excusables.

DOLÉANCES : il n’a point de singulier, & pour cause, ajoute M. Dumarsais, qui a traité savamment ce mot. Il est fort ancien & n’est usité qu’aux époques des états-généraux. On appelle doléances les griefs, les plaintes que les provinces inserent dans leurs cahiers, & qu’elles dirigent au pied du trône par la voie de leurs représentans. On a beaucoup vanté une brochure qui avoit pour titre Doléances sur les surcharges que les gens du peuple supportent en toute espece d’impôts, in-8°. de 244 pages, & qui auroit pu en avoir 1000. L’ordre de Malte, dit cet écrit patriotique que tout le monde n’a pas goûté, l’ordre de Malte qui possede en France des biens immenses, ne paie que 120,000 livres de vingtiemes, & s’il payoit en raison de ses revenus, sa contribution se monteroit à 1,320,000 livres. Ah ! Messieurs les chevaliers, quelle restitution vous avez à nous faire !