Page:Chantreau - Dictionnaire national et anecdotique - 1790.djvu/66

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

soit royale ou non, qu’elle vienne ou ne vienne pas du fait des agens de la royauté, est nationale, si-tôt que les représentans de la nation ont bien voulu la reconnoître. Comment reconnoît-on, dit encore le publiciste, une dette qui n’est point constatée ou qu’on ne veut point constater ? — Quand on l’a reconnue, elle a été censée constatée ou devant l’être, & la preuve en est que les représentans de la nation ne cessent d’en demander un état. — Il en sera des registres où elle est insérée comme des livres sibyllins ; M. l’abbé Maury aura beau parler de la dette nationale, comme Caton de la ruine de Carthage, rien ne paroîtra.

DISTRICT : mot dont le peuple ignoroit l’existence, il y a un an, & qu’il écorche encore ; mot qu’on commençoit à balbutier quelques mois avant la révolution, & qui ne signifioit pas alors grand’chose ; mot que depuis la révolution on trouve par-tout & qui signifie tout. Il a d’abord été l’équivalent de division, il est devenu ensuite le synonyme de jurisdiction, de cour souverains, &c. &c. Là il représente un corps de législateurs, & plus loin un corps formidable de guerriers. Nous avons 60 districts, tous se disent freres, la même cause les anime tous ; mais ces freres n’ont point la vue également organisée ; quelquefois l’un voit noir ce que l’autre a cru blanc. Cependant ces nuances dans l’optique & les petits différends qui en résultent ne sont que des castilles de freres ; on se