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missaire équivaloit à ce que chez les Turcs on appelle cadi ; la jurisprudence de ces deux officiers de justice étoit absolument la même. Le cadi françois, ou le commissaire, qui quelquefois étoit logé dans une allée, vous écrivoit de vous rendre à son hôtel pour affaire qui vous concernoit. Chez les gens un peu au fait, cette lettre restoit sans réponse ; mais adressée à un pauvre diable elle mettoit l’inquiétude dans sa famille, l’épouse se désespéroit, & les enfans croyoient déja voir leur pere dans les fers. M. le commissaire, ou plutôt son clerc, qui étoit aussi un personnage, amendoit arbitrairement & désamendoit de même. Rien n’étoit plus inique que ces amendes de police ; & de plus corsaire que le receveur. Ce mot se trouve dans l’appendice de mots à oublier. Fasse le ciel qu’à la premiere édition MM. les commissaires des districts ne me forcent point à la remettre dans le dictionnaire !

Aujourd’hui le mot de commissaire signifie toute autre chose : c’est un citoyen zélé qui n’a pas désemparé le district, & qui est membre d’un des comités où le civisme & l’équité font la loi.

Un commissaire de district traite d’égal à égal avec un citoyen déposant ou amené pardevant lui ; il n’a point la morgue de l’ancien commissaire, ni son astuce ; il fait écrire ou écrit ce qu’on dépose, & ne le commente point. Les commissaires de districts vivent entre’eux dans la plus grande union, & sont des freres unis à des fre-