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je dis des camps, parce que le service des premiers momens de la révolution a été aussi rude ; aussi périlleux que celui des camps.

C’est en vain que des aristocrates ont reproché à nos jeunes gens de ne s’être enrôlés que pour porter des épaulettes ; qu’ils vouloient tous être officiers ; & qu’après la nomination de ces derniers, une infinité d’entr’eux se sont fait rayer du rôle militaire ; qu’ils se font tirer l’oreille pour faire leur service ; qu’il faut commander vingt personnes de garde pour en avoir six, & que la plupart se font représenter dans les gardes par des va-nuds-pieds indignes de porter l’habit national.

On répond à ces détracteurs, jaloux de voir la révolution s’opérer par les bons offices de cette milice nationale qu’ils voudroient ridiculiser. On leur répond que les fautes de quelques inconsidérés ne doivent point être attribuées à tout un corps qui s’est montré tel qu’il étoit dans l’expédition du 6 octobre, & dans la capture importance faite aux Champs-Elisées ; que quand tout le monde montoit la garde, sans doute il y a eu des gens qui se sont fait remplacer comme ils ont pu. Mais depuis, combien tout a changé ! le service est devenu personnel & à honneur ; il s’est fait avec une ponctualité qu’on auroit à peine attendue de vieilles légions. Répondez, mauvais citoyens, dans ces premiers temps, comment vouliez-vous que les femmes qu’on commandoit de garde l’eussent mon-