Page:Chantreau - Dictionnaire national et anecdotique - 1790.djvu/37

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Parle-t-on de l’impôt territorial, il s’en moque, il ne possede pas un pouce de terre. S’agit-il de l’impôt du quart, il s’en rit ; comment le taxera-t-on ? Du temps de l’ancien régime, ce bien chéri il le tenoit dans son porte-feuille ; depuis la révolution il l’a réalisé, & cette opération a fait disparoître le numéraire qu’on cherche par-tout. Ainsi que les Arabes du désert, qui viennent de piller une caravane, enterrent leur or de peur que d’autres brigands ne surviennent ; ainsi les capitalistes ont enfoui notre argent, oui, enfoui sans ressource, perdu, mort ; si vous en voulez d’autre, battez monnoie. Voyez Billets de caisse.

CARTE : carte d’entrée pour les assemblées de districts ; délivrée à tous citoyens sur leur quittance de capitation ; elle porte le nom du district, le numéro que le citoyen occupe dans le rôle de ce district, & est signée par trois commissaires. On a jugé que ce passeport étoit nécessaire pour écarter des assemblées toute espece d’intrus. Tout homme qui n’est par porteur d’un uniforme ou d’un costume imposant doit s’attendre à exhiber sa carte à l’instant même où il voit entrer avec lui des gens à qui on le la demande pas. Il ne doit point se formaliser dans le nouveau régime comme dans l’ancien, quoique l’habit ne fasse pas le moine, le moine est jugé par l’habit.

CITOYEN : dans l’ancien régime on ne savoit pas ce que c’étoit ; on se qualifioit simplement de bourgeois de Paris, & cette