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défaisoient de leurs boucles d’argent en faveur de la patrie, on procureroit six millions au trésor national. Cette idée vraiment patriotique fermenta quelques jours dans la tête de nos citoyens, & nos augustes représentans allerent d’un commun accord faire le sacrifice des leurs à la patrie. Cet exemple est imité dans les districts, qu’un zele civique anime en tous les temps, & les boucles abondent de toutes parts sur l’autel de la patrie. Du zele on passe à l’enthousiasme ; dans les rues, tous les citoyens embouclés de larges boucles à la d’Artois sont obligés au même sacrifice ; mais aux enthousiastes se joignent d’infames spoliateurs ; le désordre, la rapine s’en mêlent, & les femmes sont outragées, &c. &c. &c. C’est au milieu de ce désordre que parurent les boucles nationales ; elles sont de cuivre ; c’est un vil métal, mais il honore le pied patriotique qui le porte. François ! maintenez-vous libres, & vous serez bientôt de vertueux Spartiates. Recommandez cependant à vos femmes de ne point porter de chiffres d’or à leurs fichus… Des citoyennes petites-maîtresses… Eh ! sommes-nous donc encore en 1788 ?

BOURSE : dans l’ancien régime, place où l’on vendoit les effets-royaux. L’emplacement subsiste encore, il est rue Vivienne ; & contigu à celui où se tiennent aujourd’hui les marchands d’argent.

Bourse rue du Hurepoix : depuis le nouveau régime, place où s’assemblent à sept