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que telle ou telle chose ait lieu. C’est par ce mot terrible de veto que chez les Romains, les tribuns, qui étoient des magistrats chargés de défendre les intérêts du peuple, infirmoient sans retour les décrets aristocratiques du sénat.

En Pologne, un simple gentilhomme, en prononçant ce veto, enchaîne les volontés unanimes de la nation. S’il le prononce dans une diete, il faut qu’elle se sépare ; il est vrai que souvent on reconduit à coups de plat de sabre l’homme au veto. Mais cette petite vengeance ne remédie pas au mal.

Lorsqu’il fut question chez nous de la sanction royale, MM. Mounier, Lalli de Tolendal, d’Esprémenil, de Virieux, Malouet, & une partie des lésés de la nuit du 4 août, voterent pour que le veto absolu fût accordé à Sa Majesté. Il n’y auroit eu aucun inconvénient, si toutes les Majestés qui doivent succéder à Louis XVI eussent dû lui ressembler ; mais comme il y a grandement lieu de présumer le contraire, les hommes désintéressés & amis de la liberté se sont opposés de toutes leurs force à l’avis des préopinans. Ils ont soutenu qu’accorder le veto absolu au pouvoir exécutif, c’étoit lui livrer le pouvoir législatif, que c’étoit ramener les abus d’autorité qu’on avoit voulu bannir ; que par le veto absolu le despotisme se relevoit avec de nouvelles forces & des matériaux suffisans pour réédifier la Bastille & la remplir ; que la responsabilité des ministres n’étoit plus qu’une épi-