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nos légions ne sera plus un courtisan musqué, à qui des caillettes auroient confié le bâton fameux du grand Condé. Il saura son métier, ou le fatal réverbere le punira de sa présomption. Nos vaisseaux…, oui… nos beaux vaisseaux…, ils ne sortiront plus de Brest ou de Toulon, pour aller mouiller honteusement à Postmouth… S’ils y vont, François, ce seront des Suffrens qui les y conduiront, & c’est armés de la foudre qu’ils y entreront.

RÉVOLUTION : je n’ai pas besoin d’expliquer le mot, je n’ai que des vœux à faire pour la chose. Voyez Contre-révolution.

Louis XIV, si dans le séjour des morts le ciel réserve quelques peines à ces monarques orgueilleux, qui dirent comme toi mes sujets, & comme roi les compterent pour rien, la plus sensible sans doute que tu puisses éprouver, sera celle d’entendre le récit de notre révolution. Mais il ne faut pas que tu souffres seul, seul tu ne fis pas le mal, tu feras partager ton tourment à ce superbe Richelieu, à ce vil Mazarin, qui préparerent ton regne & te rendirent despote. Tu appelleras l’implacable Louvois, pour qu’il entende parler de la responsabilité des ministres. Tu appelleras le cruel le Tellier & ton pere la Chaise, pour que le premier sache que les enfans de ces protestans qu’il égorgea, nous allons les embrasser, qu’ils vont devenir nos freres, qu’ils vont rentrer dans l’héritage dont il les avoit spoliés. Pour que ton Jésuite apprenne que ses Jésuites ne sont plus,