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ques ministres, amis des arts, qui en ont fait le plus grand cas & l’usage le plus fréquent, sur-tout l’archevêque de S…s, car les prélats aiment les ressorts à la Richelieu. Lam…g…n, dont on auroit pu faire aussi un cardinal plus aisément qu’on n’en eût fait un homme de bien, Lam…g…n, à force de se servir de la machine l’a détraquée ; la révolution qu’il a hâtée & qui n’aime point les ressorts, a fini par tout briser ; elle a détaché les deux pouvoirs qui n’auroient jamais dû être unis. Le pouvoir législatif a été rendu à la nation à qui il appartenoit de droit, & l’exécutif est resté entre les mains du prince. Séparés l’un de l’autre, ces deux agens ont d’abord eu mille peines à marche de concert ; ils n’y marcheroient pas encore si le monarque ne s’étoit pas chargé personnellement de mette en action celui qui lui étoit confié. L’habitude avoit tellement gâté des ministres qu’ils vouloient toujours du ressort, quoique leur maître leur criât sans cesse qu’il ne vouloit que de la justice. Voilà quels ont été les motifs de ces retard qui ont tant fait bavarder les politiques de nos cafés, lorsque les décrets de l’assemblée nationale de parvenoient point à leur adresse ou demeuroient à poste restante.

Je trouve dans le dictionnaire raisonne de M…, que dans l’église le pouvoir législatif appartenoit à Saint-Pierre, comme prince des apôtres ; l’assertion, toute ultra-mondaine qu’elle soit, est lumineuse, & le