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font bâiller les patriotes ; & d’autres qui sont anti-patriotiques, pour égayer les aristogustins.

PENSION : dans l’ancien régime ce mot étoit employé au propre & au figuré. Dans la premiere acception, il signifioit une rente viagere dont l’intrigue avoit fait les fonds ; elle étoit souvent reservible sur une ou plusieurs têtes, car point d’hydre qui ait eu autant de têtes que l’intrigue.

Au figuré, pension étoit une récompense pécuniaire accordés pour ce qu’on appeloit alors services rendus à l’état. Cette définition est d’autant plus vraie, que dans les différentes listes qui ont été publiées on lit : pour raison de services, à M. de Saint-Maurice, 64,000 liv. ; à sir Henri-Léonard Tibern, 69,000 liv. ; à la veuve du général Blanckart, 42,000 liv., &c., &c., &c., & l’univers entier sait quelle a été l’importance des services de ces illustres pensionnés, ou de leurs ayant-causes. J’aime, par exemple, les service du ganaral Victor, ce sont de rudes services que ceux-là ! sur-tout les derniers qu’il a voulu nous rendre.

Les services de Humenil sont de plaisans services, & ceux d’Algier des services plaisans. Ceux du Tonnelier sont d’étranges services ; ceux du général la Croix de petits services, ceux du mestre-de-camp d’Havreville des services de toute espece, & ceux du Dalécarlien des services d’ami.

Frantoque n’ose parler des siens, je défie