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che ; elle s’éleve même en froissant les branches gentilhommieres, & mêle ses tiges aux tiges desséchées des vieilles branches, &c., &c. »

Ce morceau d’histoire naturelle de la Roque est très-intéressant, & mériteroit d’être lu en entier dans l’auteur, si l’on n’étoit pas occupé entiérement par les 83 journaux qui paroissent tous les jours ou au moins deux fois par semaine.

En passant de l’histoire naturelle à l’histoire féodale, je remarque que dans l’ancien régime la noblesse avoit ce qu’on appelloit alors des privileges ; c’est-à-dire, que s’il y avoit des oiseaux dans les airs, c’étoit elle qui les mangeoit ; que s’il y avoit des poissons dans les eaux, c’étoit elle qui les mangeoit ; qu’elle mangeoit encore les nombreux quadrupedes qu’Adam avoit pris tant de peine à nommer, & le vilain qui osoit y toucher étoit livré à l’infamie & réduit au pain de douleur… Mais tout cela n’est plus ; aux vains noms dont la Roque qualifioit la noblesse, on a substitué celui de noblesse-citoyenne. Ce qu’elle mangeoit seule nous le mangerons avec elle, nous le partagerons en freres & nous lui offrirons même d’en jouir seule, si elle oublie les lentilles d’Esaü.

NOTABLES : on désigne par ce nom ceux qui, du ministere glorieux & pécunieux de M. de Calonne, furent choisis par ce ministre, non pour lui jouer le tour qu’ils lui ont joué, mais pour faire niche à certains corps dont je ne parlerai