Page:Chantreau - Dictionnaire national et anecdotique - 1790.djvu/120

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

vilains qui avoient osé élever leurs pensées vers leurs hautes & puissantes dames.

De cette souche auguste, greffée de tant de manieres, sortoient une multitude de branches dont les vieilles étoient les plus estimées ; mais il étoit facile de les confondre avec les jeunes, lorsque celles-ci étoient parvenues à se couvrir d’une écorce qui est souvent pareilles à celle des vieilles branches. La Roque, qui a écrit un épais volume sur ces branches, les nomme toutes avec une patience digne du temps où il écrivoit. « Il y a de ces branches, dit-il, qui n’ont que l’écorce, mais qui, toutes grêles qu’elles sont, n’en élevent pas moins leurs tiges à une hauteur incroyable. Les branches appellées gentilhommieres, continue cet auteur (qu’on va me permettre de copier pour un instant) ont une particularité singuliere, c’est que leur écorce ressemble parfaitement à du vieux parchemin, & que le blerau, qui est une espece de rat, en est très-friand. Au pied de la souche s’élevent de grosses branches fongueuses, qui tiennent du champignon & croissent de même. Les naturalistes ne sont point d’accord sur leur vrai nom. D’Hosier, qui a traité plus particuliérement de cette famille, la nomme noblesse-financiere. Feu M. Cherin, qui a laissé tous ses talens à M. Cherin fils, ne la désignoit pas autrement que par noblesse-vénale. Quoi qu’il en soit, cette branche parasite est très-charnue & attire à elle toute la seve de sa sou-