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dames qui ne soit national ; chapeau national, ceinture nationale, jusqu’au rouge est national. Notre façon de penser, Dieu sait comme elle est nationale ! & nos écrits sont comme nos pensées, sur-tout depuis que nous pouvons transmettre celles-ci à l’impression telles qu’elles sortent de notre Minerve, sans l’intervention d’un juré-penseur, que l’ancien régime désignoit sous le nom de censeur-royal.

Notre législation est & sera toute nationale. C’est l’assemblée nationale qui va nommer la haute-cour nationale, &c.

Il est vrai que dans l’ancien régime on disoit troupes nationales ; mais ce n’étoit pas dans le même sens que nous disons milices nationales, j’en donne pour preuve l’emploi que cet ancien régime vouloit faire de ces troupes lorsqu’il les faisoit camper innationalement dans les environs de Saint-Cloud & de l’Orangerie.

NOBLESSE : la noblesse dans l’ancien régime avoit d’abord été le premier corps de l’état, elle en étoit devenu le second pour avoir humblement cédé la primauté au clergé, qui s’en accommodoit assez bien, quand cette maudite révolution est venue confondre les premiers avec les seconds, les seconds avec les premiers, & le tout avec ceux qu’ils ne comptoient pour rien. La noblesse s’estimoit une caste pure & distincte d’une autre caste qu’elle appelloit noblement les vilains ou roturiers. Cette pureté de linage, la noblesse l’établissoit malgré les entures frauduleuses de nombreux beaux