Page:Chantreau - Dictionnaire national et anecdotique - 1790.djvu/109

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

les faiseurs de libelles & fauteurs d’iceux. Le capitaine d’équipage qui lâchoit cette meute étoit un certain d’H…, un vrai Nembrod, qui cependant faisoit grace aux libelles qui n’étoient que contre Dieu ou la révélation, moyennant quelques exemplaires qu’on vendoit à son profit : c’étoit ce qu’il appelloit la curée.

Dans le nouveau régime, le sens du mot libelle n’est pas aussi déterminé que dans l’ancien. Les aristocrates appellent libelles les Révolutions de Paris dites Prud’homme, les Révolutions de France de M. Camille du Moulin, l’Observateur, & quelques autres écrits en faveur de la liberté. Nous autres citoyens nous appellons libelles, les Actes des apôtres, l’écrit intitulé Ouvrez les yeux, les Déjeûners & les Dîners, qui ne méritent point cette qualification, parce qu’il n’est pas possible de les lire, &c. &c. Le Pacificrate dit : « il n’y a de vrai libelle que celui qui peut armer le frere contre le frere. Je lis de sang-froid tous ces chiffons, je ris rarement, je gémis souvent, & m’endors presque toujours ».

LIBERTÉ : dans l’ancien régime ce mot ne signifioit rien de ce qu’il signifie aujourd’hui qu’il est devenu le cri de la nation ; il désigne ce droit précieux que nature accorde à tous les hommes, quand nature ne trouve point sur son chemin des ministres qui ont des bastilles, & des bastilles qui ont des de Launay. Nous venons enfin de remplir le vœu de cette bonne nature