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c’est notre assemblée nationale actuelle. Et les législatures qui admireront, les assemblées nationales qui doivent lui succéder.

LESE : usité seulement dans ces expressions : crime de lese-majesté, crime de lese-nation.

Avant la révolution, on ne connoissoit que le crime de lese-majesté, divine ou humaine.

De lese-majesté divine, quans on se rendoit criminel envers Dieu, soit en le blasphémant, soit en profanant les vases sacrées, &c.

De lese-majesté humaine, au premier chef, quand on attentoit à la vie du prince. De lese-majesté humaine, au second chef, quand on blasphêmoit contre les ministres, ou leur réputation, ou celle des Vestales qui leur étoient attachées. Ce dernier attentat étoit le plus souvent puni aussi rigoureusement que le crime de lese-majesté au premier chef. La différence n’étoit pas dans le supplice, mais dans le lieu & l’exécuteur. La Bastille étoit ce lieu, & de Launay, cet exécuteur.

Depuis que la nation s’est réhabilitée, on a connu du crime de lese-nation au premier & second chef.

On est criminel de lese-nation au premier chef, quand on trame contre cette nation quelque complot ou conjuration, ou qu’on se charge d’en être l’exécuteur. D’après cette définition, il est évident que le général Victor est criminel de lese-nation, que Lambesc est criminel de lese-nation, qu’on doit les punir comme tels, eux, leurs fau-