Page:Champollion - Panthéon égyptien, 1823.djvu/64

Cette page a été validée par deux contributeurs.

mier dans la liste des dieux qui ont gouverné le monde inférieur avant les rois de race humaine. Ceux-ci prenaient le titre d’approuvé par Phtah[1], et parmi leurs qualifications honorifiques on comptait celle de chéri ou de bien-aimé de Phtah[2].

L’inauguration des rois lagides, comme celle des pharaons dont les souverains grecs de l’Égypte imitèrent le protocole entier, avait lieu dans la ville de Phtah, Memphis[3], et dans le principal temple de cette capitale, consacré au dieu Phtah. Le jour même de leur intronisation, les rois entraient dans ce temple, la tête ornée du pschent[4], pour y accomplir les cérémonies légales prescrites pour la prise de possession de la couronne[5].

Ainsi, les rois égyptiens semblaient recevoir de Phtah la puissance suprême, dont les deux parties du pschent étaient le symbole ; aussi donnait-on, à ces princes comme au dieu Phrê (le Soleil, fils de Phtah), le titre de Roi de la région d’en haut et de la région d’en bas[6].

Le décret gravé sur la stèle de Rosette, relatif à l’intronisation de Ptolémée-Épiphane, dispose formellement que le pschent que portait ce prince, serait placé au-dessus d’une chapelle dorée, consacrée au Roi, au milieu de dix couronnes ornées d’aspics, avec cette inscription : Ceci appartient au roi qui a rendu illustre la région supérieure et la région inférieure[7]. Ces derniers mots sont exprimés symboliquement, dans le texte hiéroglyphique de la même stèle, par la coiffure allongée et la coiffure ornée du Lituus, placées sur le caractère région ou contrée. Ce sont ces deux mêmes coiffures que le dieu Phtah tient quelquefois dans ses mains.

  1. Inscript. de Rosette Démotique, ligne 2, grec, ligne 3.
  2. Idem, texte hiérogly., lig. 6, 12 et 14.
  3. Idem, texte hiérogly. lig. 9, grec, lig. 44.
  4. Idem. Dans le texte hiéroglyphique, le pschent est exprimé par sa propre image (ligne 9), reproduite une seconde fois à la fin de la même ligne, là où le grec porte : προειρημένον βασίλειον, la susdite couronne.
  5. Idem, ibidem.
  6. Idem, texte démot. lig. 1 et 2, grec, lig. 2 et 3.
  7. Idem, texte hiérogly. lig. 10, démot. lig. 27, grec, lig. 46.