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curable de l’Égypte, leur rivale, redoublèrent d’efforts. La Syrie devint le théâtre perpétuel du conflit sanglant des deux peuples. Néko II, fils de Psammétik 1er, refoula d’abord les Babyloniens ou Assyriens dans leur frontière naturelle, et chercha dès lors à donner de nouvelles voies au commerce, en portant tous ses soins vers la marine ; une flotte sortie de la mer Rouge reconnut et explora tout le contour de l’Afrique, doubla le cap le plus méridional, et, faisant voile vers le nord, arriva au détroit de Gibraltar, rentrant ainsi en Égypte par la Méditerranée. Ce roi exécuta aussi de grands travaux pour le canal de communication entre le Nil et la mer Rouge. La fin de son règne fut malheureuse ; le roi de Babylone, Nebucad-nésar, défit les armées égyptiennes et les chassa de la Phénicie, de la Judée et de la Syrie entière.

Psammétik II, son fils, essaya vainement de ressaisir ces provinces détachées de l’empire égyptien ; son successeur Ouaphré fut plus heureux, il remit sous le joug les peuples de Sour et de Saïde, et l’île de Chypre ; mais il échoua en Afrique dans une expédition contre la ville de Cyrène (Grennah). Cette malheureuse campagne porta à son comble l’exaspération de ce qui restait de la caste militaire égyptienne ; sa haine contre le Pharaon Ouaphré, qui s’entourait de troupes