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de débarquer au milieu de ces vénérables ruines ! Mais je n’ose y compter.

Si nous n’avons pas l’entrée à huit heures, nous mettrons immédiatement à la voile, pour courir sur Malte.


Alexandrie, le 22 août 1828.

Je hasarde ces lignes par un bâtiment toscan qui part demain pour Livourne. Comme il est fort douteux que cette lettre parvienne en France aussitôt que celle dont veut bien se charger notre excellent commandant de l’Ėglé, lequel retourne en Europe et met à la voile mardi prochain, je mets un n° 1 provisoire à celle-ci, réservant tous les détails pour la seconde, qui sera le véritable numéro premier.

Je suis arrivé le 18 août dans cette terre d’Égypte, après laquelle je soupirais depuis longtemps. Jusqu’ici elle m’a traité en mère tendre, et j’y conserverai, selon toute apparence, la bonne santé que j’y apporte. J’ai pu boire de l’eau fraîche à discrétion, et cette eau-là est de l’eau du Nil qui nous arrive par le canal nommé Mahmoudiéh en l’honneur du pacha, qui l’a fait creuser.

J’ai pu voir M. Drovetti le soir même de mon arrivée, et là j’ai appris qu’il m’avait écrit et conseillé d’ajourner mon voyage. Depuis la date