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écrase ses adversaires en avant d’une place dont une partie de l’armée égyptienne pousse le siège avec vigueur ; des soldats coupent des arbres et s’approchent des fossés, couverts par des mantelets ; d’autres, après les avoir franchis, attaquent à coups de hache la porte de la ville ; plusieurs, enfin, ont dressé des échelles contre la muraille et montent à l’assaut, leurs boucliers rejetés sur leurs épaules.

Sur le revers du premier pylône existe encore un tableau relatif à une campagne contre la grande nation de Skhéta ou Chéto : le roi, debout sur son char, prend une flèche dans son carquois fixé sur l’épaule, et la décoche contre une forteresse remplie de Barbares. Les soldats égyptiens et les officiers attachés à la personne du roi marchent à sa suite, rangés sur 4 files parallèles.

Telles sont les grandes sculptures historiques encore visibles dans l’état d’enfouissement où se trouve aujourd’hui le magnifique palais de Médinet-Habou, tout entier du règne de Rhamsès-Méiamoun, les successeurs immédiats n’y ayant ajouté que quelques accessoires presqu'insignifiants. Le nombre considérable de noms de peuples et de nations asiatiques ou africaines que j’y ai recueillis ouvre un nouveau champ de recherches à la géographie comparée ; ce sont