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tion du tombeau de la reine Thaoser et de son mari Siphtha par leur cinquième ou sixième successeur, qui ne devait point ; en effet, avoir pour eux le respect dû à des ancêtres, parce qu’il descendait directement de Rhamsès Ier et que, d’après les listes, il était tout au plus le frère de la reine Thaoser Achenchersès et continuait directement la ligne masculine à partir du roi Hôrus. Mais cela ne saurait justifier le nouvel occupant, d’abord, d’avoir substitué partout à l’image de la reine la sienne propre, au moyen d’additions ou de suppressions, en l’affublant d’un casque ou de vêtements et d’insignes convenables seulement à des rois et non à des reines ; et en second lieu, d’avoir recouvert de stuc tous les cartouches renfermant les noms de la reine et de Siphtha, pour y faire peindre sa propre légende. Cette opération a dû, toutefois, s’exécuter fort à la hâte, puisque, après avoir métamorphosé la reine Thaoser en roi Rhamerri, on n’a point eu la précaution de corriger, sur les bas-reliefs, le texte des discours que les dieux sont censés prononcer, lesquels sont toujours adressés à la reine et ne sauraient l’être convenablement au roi, ni par leur forme, ni par leur contenu.

Le plus grand et le plus magnifique de tous