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petites chapelles creusées dans le roc par Aménophis-Memnon, Horus, Rhamsès-le-Grand, Rhamsès son fils, Rhamsès-Meïamoun, Mandouei. Elles ont de belles inscriptions hiératiques ; j’étudierai tout cela à mon retour, et me promets des résultats fort intéressants dans cette localité.

Le soir même du 1er décembre, nous arrivâmes à Ombos ; je courus au grand temple le 2 au matin ; la partie la plus ancienne est de Ptolémée-Épiphane, et le reste, de Philométor et d’Évergète II. Un fait curieux, c’est le surnom de Triphœne donné constamment à Cléopâtre, femme de Philométor, soit dans la grande dédicace hiéroglyphique sculptée sur la frise antérieure du pronaos, soit dans les bas-reliefs de l’intérieur ; c’est à vous autres Grecs d’Égypte d’expliquer cette singularité : j’avais déjà trouvé ce surnom dans un de nos contrats démotiques du Louvre. Le temple d’Ombos est dédié à deux divinités : la partie droite et la plus noble, au vieux Sévek à tête de crocodile (le Saturne égyptien et la forme la plus terrible d’Ammon), à Athyr et au jeune dieu Khons. La partie gauche du temple est consacrée à une seconde Triade d’un ordre moins élevé, savoir : à Aroéris (l’Aroéris-Apollon), à la déesse Tsonénofré et à leur fils Pnévtho. Dans le mur d’enceinte générale des temples d’Ombos, j’ai trouvé une porte