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nus par leurs grandes actions, et ce sont des portraits véritables ; représentés cent fois dans les bas-reliefs des murs intérieurs et extérieurs, chacun conserve une physionomie propre et qui n’a aucun rapport avec celle de ses prédécesseurs ou successeurs ; là, dans des tableaux colossals, d’une sculpture véritablement grande et tout héroïque, plus parfaite qu’on ne peut le croire en Europe, on voit Mandoueï combattant les peuples ennemis de l’Égypte, et rentrant en triomphateur dans sa patrie ; plus loin, les campagnes de Rhamsès-Sésostris ; ailleurs, Sésonchis traînant aux pieds de la Trinité thébaine (Ammon, Mouth et Khons) les chefs de plus de trente nations vaincues, parmi lesquelles j’ai retrouvé, comme cela devait être, en toutes lettres, Ioudahamalek, le royaume des Juifs ou de Juda. C’est là un commentaire à joindre au chapitre XIV du 3e livre des Rois, qui raconte en effet l’arrivée de Sésonchis à Jérusalem et ses succès : ainsi l’identité que nous avons établie entre le Scheschonk égyptien, le Sésonchis de Manéthon et le Sésac ou Schéschôk de la Bible, est confirmée de la manière la plus satisfaisante[1]. J’ai

  1. Selon la Bible (passage cité), Sésonchis attaqua et prit Jérusalem dans la 5me année du règne de Roboam. C’est cette victoire que rappelle le bas-relief de Karnac. Il est reproduit sur la planche ci-jointe (n° V). Le royaume de Juda