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l3o ŒUVRES

Qu'à le louer chacun de nous s'apprêle, Qu'un gai refrain charme ce jour heureux.

Docile aux vœux de son cœur éperdu Amour pour lui t'ait de plus doux miracles, Entre ses mains son arc toujours tendu , D'un trait brûlant, perce tous les obstacles; Et nul oiseau par l'amour alléché N'est en sou lit entre deux draps couché , Sinon l'oiseau qui, d'une aile légère, Message au bec , court au sein des hasards , De Cythérée aimable messagère , Porter au loin un billet doux à Mars ; Ou bien aussi le maître de l'aurore , Qui , fier des feux dont son front se décore , Avec orgueil chaule, au sein de sa cour, Les longs transports de son prodigue amour j Ou liien l'oiseau que le bon La Fonlainc I\let dans les mains de certaine beauté , Quand tout à coup , de soupçons agité , Auprès du lit où la belle incertaine Rêve l'amour dont la réalité Naguère encor parfumait son haleine ; Mère en courroux et respirant à peine, Paraît et voit, dans ce simple appareil De deux amans que charme le sommeil , Sa fille aux bras d'un superbe jeune homme, Beau comme Adam avant qu'il eût mangé Le pépin vert de la première pomme ; Et près de lui, côte à côte rangés, Les charmes nus de sa fille endormie , Rêvant d'amour , d'espoir et d'insomnie.

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