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DE CHAMFORT. /|:>3

armée formidable ; et, secondé de T.oria qui avait passé au parti napu-litain, et du duc de Calahre, second fils de Cliaries, il fait une descente en Sicile. Frédéric, seul avec son peuple, résiste de toutes parts. L’armée ci.nem;c se consume ; la peste y joint ses ravages ; et le comte de Valois s’en retourne avec opprobre : guerrier sans talent» incapable à la fois de ravir une couronne et in- digne de ia porter.

La paix se conclut enfin ; et dans le traité qui portait que la Sicile retournerait à Charles ou à ses héritiers, après la mort de Frédéric, on re- marque la condition que le pape impose à ce dernier, de régner sous le nom de Trinacrie.

Que prétendait Boniface? Son orgueil croyait-il s’épargner une humiliation, en donnant aux états que son ennemi conservait, le nom que la Sicile portait aux temps fabuleux ?

Pendant ce long période, l’histoire particulière deNaples n’offre rien de remarquable. Ce royaume perdit avec regret Charles ii, le plus juste et le plus fortuné de ses rois. Il était âgé de soixante- trois ans ; il en avait régné vingt-quatre, après une longue captivité, à laquelle ce prince n’aurait peut-être jamais renoncé, s’il eût prévu l’injus- tice de trois papes consécutifs, et les mêmes mal- heurs dont son père avait été accablé. ’

Que penser de cette suite de papes, dynastie singulière de souverains étrangers l’un à l’autre, travaillant sans relâche pour des successeurs in- 11 28