Page:Cennino Cennini - Traité de la peinture, 1858.djvu/82

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
76
TRAITÉ DE LA PEINTURE

truelle à truelle, et enduis par une ou deux couches tant que tu aies formé sur le mur une surface bien plane. Puis, quand tu veux travailler, ne perds pas de vue d’abord que cet enduit bien dressé doit être un peu r ipeux. Alors, selon l’histoire ou figure que tu dois faire, si ton enduit est sec, prends ton charbon et commence à dessiner, compose et prends bien toutes tes mesures, battant avec un fil pour diviser tes espaces et prendre tes milieux, et battant avec un autre pour trouver ton terrain. Celui qui divise en deux et doit trouver le terrain, doit avoir un plomb au bout. Alors prends un grand compas, place la pointe sur le fil, et fais faire au compas un demi-cercle en dessous, puis mets la pointe du compas sur la petite croix marquée par le fil, décris un demi-cercle par-dessus : tu trouveras qu’à main droite les deux courbes qui se rencontrent font un petite croix. Fais la même opération à main gauche en faisant passer ton fil par les deux petites croix. Tu trouveras par ce moyen un plan bien de niveau.

Alors compose avec le charbon, comme j’ai dit, tes histoires ou tes figures, et guide-toi par les espaces que tu as pris bien égaux. Ensuite prends un pinceau très-petit et de soie pointue, et avec un peu d’ocre sans tempera, liquide comme de l’eau, arrête et dessine tes figures, ombrant comme tu l’as fait avec de l’aquarelle quand je t’ai appris à dessiner. Enfin prends un paquet de plumes et fais tomber le charbon hors de ton dessin.

Cela fait, prends un peu de sinopia sans colle, et avec ton pinceau pointu et doux arrête les nez, les yeux, les cheveux, toutes les extrémités et contours de tes figures ; fais que toutes ces figures soient établies avec leurs mesures, parce qu’elles te feront connaître