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nous avons mis deux bouteilles de vin dans chaque sac ; il a suffit de leur dire : « attention le pain est sec, il casse comme du verre. » Aussitot trois loustics nous entourent, nous causons, l’allemand rit avec nous. Les bouteilles disparaissent avec une dextérité parfaite.

Parfois Joséphine leur fait des gâteaux de céréaline, il luixx est arrivé de nous accompagner.


À deux ou trois reprises, les allemands renouvelèrent de grandes évacuations, comme celle du mois d’Octobre. Ils amenèrent des habitants de douze, quinze kilomètres à la ronde, prendre le train à Croisilles.

Dès que nous étions informés, quelques personnes se hataient de faire du café ; nous le portions dans des cruches aux voyageurs. Nous prélevions ce café sur la masse du ravitaillement. Ne risquions nous pas de le