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pouvaient nous y envoyer. »

Le commandant ne m’a plus jamais parlé de cette contribution.


Au cours d’une apres-midi, par une belle journée bien claire, nous assistons à un combat d’avions, au Nord de Croisilles, à cinq cents mètres de nous : un anglais contre trois allemands. Cette lutte dure dix à quinze minutes ; nous sommes tous en proie à une émotion crispante. L’anglais est nettement supérieur aux allemands. Il évolue au milieu de ses ennemis avec une dextérité remarquable. À trois reprises il parait tomber comme s’il allait s’écraser au sol. Les soldats poussent des hourras frénétiques, applaudissent, trépignent. Mais trois fois l’anglais remonte perpendiculairement au milieu des allemands, sur le même plan, pour que les allemands ne puissent le mitrailler sans risquer de s’entretuer. Ce combat n’eut pas de résultat. Quand