Page:Carnet de guerre n°2 d'Alexandre Poutrain.pdf/50

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Je suivis son cercueil à l’église et au cimetière, ceint de mon écharpe. En rentrant je trouve à la maison le commandant de Bullecourt : c’est le commandant « papiers. » il est venu, accompagné du maire, Savary, demander la balayeuse de Croisilles pour balayer les rues de Bullecourt. En mon absence, Rose a envoyé chercher le chef cantonnier, Dehamelincourt. Quand il arrive le commandant lui dit : C’est vous le cantonnier ? — Le cantonnier chef, Mr. — Ah ! pardon Excellence.

Et la conversation, au sujet de cette balayeuse, est toute émaillée de phrases de déférence moqueuse. Quand j’arrive, tous quatre sortaient de la maison. Rose s’atarde un court instant sur la porte, à demander à Savary des nouvelles de Mme Canonne. En cours de route le commandant dit à Savary : vous avez avez parlé de la guerre avec Madame, vous avez causé de canon, vous serez punis.