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de la ferme, je leur barre la route, les bras étendus devant eux. Une discussion tres vive s’engage. Ces soldats enlèvent ces vaches pour la boucherie de Boyelles, et nous sommes de nouveau réquisitionnés pour fournir du lait. Le sous-officier promet de ramener deux autres laitières. La discussion dure, je perds patience, je me fâche. Un officier vient à passer et intervient : « puisqu’il vous promet de ramener deux autres vaches, vous n’avez rien à dire. » Il ordonne aux allemands d’avancer. Je ne pouvais pas me battre avec l’officier.

Un officier logé chez Demiautte assistait de loin à la scène. Il me rejoint dans la rue et me dit : « Quel malheur que la guerre, Mr, je suis cultivateur comme vous, je songe que si les français étaient en Allemagne, ils pilleraient ma ferme, comme je le vois faire en France. Que de tristesses et de ruines ! »