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mera mon indifférence au sujet de l’enquête, donc la sincérité de ma négation. » Quand mes yeux arrivent à la dernière ligne, le commandant me dit : « Relisez ce passage » en le désignant du doigt : « les civils qui recueillent des militaires seront également fusillés.  » Le fait de me faire relire ce passage me rassure. Je pense : faut-il qu’il soit peu malin de me menacer de me tuer, pour me faire avouer.

Alors commence l’interrogatoire : « Vous avez ici des militaires cachés sous des vêtements civils ? — Non —  » En ce moment le commandant élève la voix, devient menaçant : « Comment ! Vous soutenez que nous n’avez pas des militaires cachés cachés ici à Croisilles sous des vêtements civils ? — Non —  » Et une troisième fois, en donnant un violent coup de poing sur la table et du ton d’un homme qui