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négocier ces titres dans une banque.

Il faisait froid ce jour là ; nous ignorions si l’auto était découverte ou fermée, Rose me fait prendre une peau de bique.

À Cambrai, le commandant me dépose sur la Place, me donne rendez-vous dans deux heures.

Je vais directement chez Lollivier. « D’où venez-vous ? Vous avez de la chance d’être arrivé juqu’ici avec ce manteau. » Il me cite plusieurs personnes que les allemands ont dépouillées en pleine ville sur le trottoir.  » Je ne perds pas mon temps à courir les banques.

Quand l’heure du départ fut arrivée, je partis emportant sur le bras ma peau de bique, soigneusement cachée dans une housse.

En cours de route Dans Cambrai, j’ai croisé trois chariots de culture bondés de jeunes gens de vingt à trente ans[1]. L’un d’eux me crie bonjour ; c’était Léandre Bourdrez, originaire de Croisilles,

  1. Les allemands les conduisaient à la gare. Ils les ont expédiés en Allemagne.