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les uns derrière les autres ont séjourné durant plusieurs jours tout le long de la route de Fontaine à St Leger. Les chevaux étaient sur la route, attachés à ces voitures, Ils étaient rempaillés jusqu’au ventre avec du blé non battu. C’était un gaspillage inconcevable. L’un des deux officiers du bureau intervient et dit : « Oui j’ai vu ce blé en quantité sur la route. » Je pus encore répondre facilement à une objection à propos des pommes de terre, et le commandant se résigne à rédiger ce bon. Les officiers avaient l’air de penser : tout cela nous importe peu, nous sommes vainqueurs, nous n’aurons pas de comptes à rendre.

À la maison, tous attendaient mon retour. Grandy nous fait la traduction. Puis chacun veut voir la signature, le cachet. Quand ce bon arrive à Milon, Léon le passe à Joséphine, en lui disant : « tiens, je te le donne, garde le bien précieusement, ce sera