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il éclate, il parle.

« Je pars en congé forcé de huit jours. Le lendemain de mon arrivée, je recevrai la visite d’un monsieur, qui viendra me solliciter une contribution volontaire pour la Caisse de la guerre. Je ne pourrai pas verser une somme quelconque, on m’affirme que les familles sont taxées à une somme proportionnée à leur fortune supposée. » — « Qu’allez-vous faire ? » ai-je demandé. — « Je ne souscrirai pas. Nous avons un enfant ; notre situation de fortune permettra à ma femme de l’élever dans les mêmes conditions que nous avons été élevés, si je disparaits. Mais si je verse la contribution que je pressens, et si je ne reviens pas, ma femme sera dans la gêne durant toute son existence. » — « Alors, dis-je, la Nation allemande ne se contente pas de demander à ses enfants le sacrifice de leur vie,