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papier ordinaire et me congédie de la main.

En sortant du bureau j’entrais toujours chez Godart. Nous passions un moment bien agréable à examiner ces ordres. Nous savions qu’en Allemagne les ordres sont tellement bien exécutés qu’il n’est pas nécessaire de contrôler leur exécution. Aussi nous passions un coup de crayon sur certains de ces ordres, et nous cherchions à interprêter les autres à rebours de ce qui était demandé.

Il nous était interdit de fermer nos maisons à clef. Les allemands devaient pouvoir entrer à toute heure. Nous n’avions pas le droit non plus de fermer nos chambres à coucher : les allemands pouvaient demander un renseignement ou tout objet dont ils avaient besoin.

Une nuit, nous étions couchés depuis une heure deux soldats entrent, baïonnette au canon.