Page:Carnet de guerre n°2 d'Alexandre Poutrain.pdf/160

Cette page a été validée par deux contributeurs.


boirons ces deux bouteilles avec eux. » En attendant nous allons boire une tasse de café. » Je refuse, je partais quand survient le gendarme Hermann.

« Oh ! ech ti chi chet ain bon » dit la femme, d’un ton inintelligible pour le soldat.

Ce gendarme était réellement un brave homme, un allemand exceptionnel. Il était habituellement chargé de ce genre de perquisition. (Cette fois Esler l’avait devancé.) Quand je le voyais entrer dans une maison, j’y allais toujours quand j’étais libre. Je le vis plusieurs fois assis sur une marche de l’escalier, fumant une cigarette à l’insu des occupants et partir. Quand il croyait devoir faire un semblant de perquisition, il ouvrait les portes d’armoires, ne touchait à rien. Il était écœuré de la besogne qu’on lui imposait.