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les hostilités j’ai toujours été protégé d’une façon providentielle. J’attribue cette protection à une médaille de St Christophe, qui n’a jamais quitté la poche de mon pantalon depuis 1885. Cette grande médaille, destinée à être fixée à une voiture, me fut offerte par ma sœur Lucie. Elle me dit : « Fixe cette médaille à ta voiture et prie ce saint de te protéger. » Je lui ai répondu : « Si je la place sur ma voiture, je ne l’aurai pas quand je serai à pied, à cheval… » Je l’ai mise dans ma poche, elle y est encore.

Dès le premier voyage que je fis avec Joséphine, je pris le camion à bière de Morel, parce que cette voiture est montée sur ressorts et possède un siège suspendu. Mais nous nous trouvions assis à deux mètres au dessus du sol. L’allemand qui nous accompagnait s’allongeait sur la bache qui lui servait de matelas.