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dehors, elle se tient là, debout, physionomie inquiète, péniblement impressionnée. Elle nous dit que ce roulement de canon a commencé vers onze heures.

Le bruit est réellement impressionnant. Nous le comparons aux mugissements des flots, au cours d’une violente tempête. Il se module en intensité plus ou moins puissante, mais sans aucune interruption.

Lorsque nous approchons de Boiry-Notre-Dame, deux soldats viennent vers nous. Ils paraissent tout surpris, examinant notre laissez-passer, les marchandises de nos voitures.

L’un des deux me conduit à la commandature. Il y a là un officier et deux scribes. Les quatre allemands sont tres surpris de nous voir arriver de Douai. Je crois comprendre que l’un des scribes m’a déjà vu passer plusieurs fois. Enfin l’officier