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grande colère d’Esler (l’interprète) je répète les quelques phrases que nous venons d’échanger. Esler me menace, veut m’empêcher de parler, n’y réussissant pas, il sort. À dater de ce jour, l’attitude du feldwebel à mon égard fut tout autre.

Quelques jours plus tard, alors que les gendarmes venaient de terminer le recensement des bestiaux dans les fermes, je vais au bureau demander un laissez-passer pour Quéant. Le feldwebel est seul, il veut essayer de me parler. Il me demande d’un air interrogatif : « Poutrain ? — Moi, dis-je, en me désignant de la main. Ah ! » répond-il surpris. Il me montre le registre des bestiaux, laissé par ses prédécesseurs. « Kamarades » me dit-il. Je suis porté pour six porcs. En me montrant quatre doigts, il me fait comprendre que le gendarme n’en a trouvé que quatre.

À mon tour, je suis surpris,