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de payer la balance des actions au pair chaque fois qu’il en serait nécessité. Le dividende moyen, sur toutes les banques par actions, a été, à cette époque, 8 1/2 %, en addition à un fond d’excédant d’environ 1 % par année.

De tels profits sont toujours reçus comme récompense de chances folles et de spéculation déréglée. Là où les affaires sont sûres, la concurrence vient réduire le taux du profit. La preuve qu’elles ne sont pas sûres, c’est que ces établissements font d’immenses affaires avec de faibles capitaux, — que leurs dettes sont énormes, — que, pour se mettre à même de rester si fort en dette envers la communauté, ils couvrent le pays de succursales, émettant des notes, contre lesquelles on ne paye d’argent qu’à la banque-mère, qui se trouve à cent ou cent cinquante milles de distance, — et que leurs dépenses absorbent presque tout l’intérêt de leur capital, — ne leur laissant de profit, pour aviser aux dividendes, que sur leur circulation et les dépôts. Dans une liste publiée il y a quelques années, il y en avait peu dont le capital dépassât 70.000 livres, tandis qu’une, rien qu’avec un capital de 28.000 livres, avait, en trois ans, divisé 28 % entre ses actionnaires.

§ 18. — Énorme excès de trafic des banques de Londres.

Voici la situation donnée récemment de six des banques par actions de Londres, auxquelles aucune ne doit d’émettre des notes.

Capital. Dettes.   Dividendes
moyens.
  Prix de vente
du stock.
2,817,085 liv.   29,376,410 17 % 6,922,000[1]

Les dividendes moyens, comme nous voyons, ne sont pas moins de 17%, et cela encore dans un pays où l’excès de capital et la difficulté de lui trouver emploi profitable, sont des sujets constants de plainte. Les actions, comme on voit, se vendent avec une avance d’un peu moins que 150 */„ et même, à ces hauts prix, donnent un intérêt de près de 7 "/„. D’où vient cela ? Pourquoi les quelques individus intéressés dans ces établissements obtiennent-ils de si énormes dividendes ? Parce qu’il y a dans la communauté tellement de gens qui aiment mieux accepter un taux peu élevé d’intérêt libre de risque, comme ils le supposent, que pren-

    pour prouver les faits. Il eût pu, après tout ce temps, aller jusqu’à prouver le fait qu’il m’avait payé mon argent. P. 236.

  1. Spectator, 17 novembre 1855.