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Neige sur les coteaux, neige dans les vallons,
Villages dans la brume et cité dans la boue !
Chaque jour, le ciel gris, la lugubre chanson
Du lourd clairon d’airain qui hurle et qui s’enroue.
Morne hiver ! Chaque nuit le vent de désespoir
A tordu mon esprit et mon âme lassée
Comme le vent du nord, dans la plaine glacée,
Tordait les peupliers et les vieux saules noirs.

Si parfois j’ai voulu revoir la ville immense
Qu’emplissait l’essaim clair de mes rêves d’enfance,
Paris, dont chaque coin gardait un souvenir,
Je ne l’ai plus connu ; son âme en mon absence
Semblait l’avoir quitté pour ne plus revenir.