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LES BELLINI.

Le mauvais état de conservation de cette œuvre et les nombreux repeints dont elle a souffert rendent son examen difficile. L’étude du crucifié, plus grand que nature, trahit un patient effort vers la perfection anatomique ; elle rappelle la technique de l’Angelico, mais dans une note plus sombre, moins mystique. Cette fresque ne peut fournir aucune idée de la fantaisie et du sentiment dramatique que l’artiste avait dû déployer dans la chapelle Nicolas.

De Vérone, Jacopo revient à Venise où il se fait inscrire, dès 1437, au nombre des membres de la Scuola di San Giovanni Evangelista. Ces Scuole étaient des confréries laïques, correspondant plus ou moins à nos sociétés de secours mutuels, mais jouissant d’un beaucoup plus grand crédit dans l’État. Elles constituaient une sorte de tiers ordre, dont l’activité s’inspirait à la fois des intérêts économiques et religieux de ses membres Elles comptaient, dans leurs rangs, les bourgeois les plus notables de la ville, artisans et marchands, et jouissaient de grandes ressources qui leur permettaient de patronner les premiers artistes de la République.

Quelques années plus tard, Jacopo fut nommé decano, ou doyen, de la Scuola. Sa maîtrise était désormais reconnue et nous savons qu’il acceptait des élèves dans sa bottega. Il devait avoir environ quarante ans lorsqu’il fut appelé par Nicolas IIl d’Este à la cour de Ferrare.

La maison d’Este était, à ce moment, au début de sa