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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/99

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VIE DE MÉLANIE

donnent la mort sans que je cesse de vivre, votre amour est comme une épée tourmenteuse, ô mon Amant Jésus ! Vous savez, ô mon Jésus, que je n’ai plus rien à moi, que vous êtes le maître absolu de moi et de toutes mes anciennes affections, et que vous en êtes le nœud. Maintenant, je vous en prie, ne me refusez pas la précieuse grâce de souffrir pour vous, finissez-en une bonne fois, rassasiez-moi, je ne puis plus supporter la peine que je ressens de vous voir, vous, la gloire des saints, sur la croix et moi non ; contentez un peu mon cœur qui vous veut aimer d’un amour pratique. » Puis je me relevai et mon Frère me dit : « Sœur de mon cœur, la grâce que vous demandez de souffrir toute la passion de Jésus-Christ et comme Jésus-Christ, est une grâce singulière et au-dessus de vos forces ; et si Dieu voulait vous exaucer vous mourriez du poids de tant de spasmes. » Tandis qu’il me parlait, je sentais s’augmenter en moi le désir d’aimer mon Tout et de souffrir, j’aurais voulu être immédiatement clouée sur la croix (c’était ainsi que je l’entendais) pour témoigner mon amour et ma gratitude à mon Dieu. « Allons, dis-je à mon Frère, faisons vite ! Vous, très cher Frère, certainement vous pouvez tout près de l’Être incréé ; demandez-