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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/98

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VIE DE MÉLANIE

(désanimée) je retournais à mes anciennes prières, tantôt les bras en croix, tantôt toute prosternée la face contre terre, tantôt debout, les bras pendants comme une condamnée. En toutes ces petites choses j’entendais prier pour le clergé, pour les personnes qui dorment dans l’indifférence, pour celles qui sont en état de mort spirituelle, pour toutes les personnes consacrées à Dieu. C’était mon cher Frère qui m’avait enseigné tout cela ; de moi-même (inutile de le dire) je ne savais rien. J’avais fait les 33 génuflexions d’usage, quand je vis tout à coup mon doux Frère près de moi qui me dit : « Sœur de mon cœur, la paix soit avec vous, l’heure est venue de retourner chez vos parents, ne timeas, filia mea. » Je répondis : « Que mon Dieu, mon créateur, mon Sauveur règne selon ses éternels desseins de miséricorde ! Je suis prête. » Je m’agenouillai pour renouveler ma donation totale, celle de mes sens et des puissances de mon âme au Très-Haut, etc., etc., puis j’ajoutai : « Très doux Jésus, ayez pitié de mon âme, ayez pitié de moi pécheresse, abîme de misère, attirez-moi en vous. O bonté suprême, délices de mon âme. Vous, ô mon amoureux Jésus, vous êtes ma vie et ma mort ; les désirs de vous aimer et de souffrir me