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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/96

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VIE DE MÉLANIE

plus vives et les plus amères, et aussi que je priais la Majesté divine de m’exaucer par les mérites de l’Homme-Dieu ; mais voici le point noir : Je pensais que quand le Très-Haut aurait daigné m’accorder son véritable amour, et que je serais en paix dans ce sacré foyer, tout inondée, tout imprégnée du divin amour, alors la peine du désir d’aimer cesserait par la raison que je posséderais mon Bien et me rassasierais !…

Très grande erreur ! L’amour consommé n’est donné pour la simple créature, que dans le ciel des cieux. Je pensais de même au sujet des souffrances : je croyais que lorsque j’aurais beaucoup de peines d’esprit, de tourments, d’afflictions, et de plus les peines de la divine Passion, il ne m’en resterait plus à désirer ici-bas, puisque j’en serais comblée et rassasiée. Illusion encore. Peut-être que cela arrive aux personnes vertueuses, pour moi, ce fut le contraire ; et pour ma confusion je confesse que jamais, jamais je n’ai mérité de posséder ce divin amour que j’ai tant et tant désiré et que je désire du plus ardent désir.

Un jour que je demandais dans ma prière la grâce de savoir aimer mon Jésus le ravisseur des cœurs, une voix intérieure me dit : « Vous