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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/95

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VIE DE MÉLANIE

était couverte de sang et de poussière. Il me dit : « Ma fille, regardez votre Jésus crucifié de nouveau par ses amis choisis, mes Ministres, ceux qui sont mes voies auprès de mon peuple… » Hors de moi et comme folle, je criai : « Non, jamais je ne voudrai crucifier de nouveau mon Dieu en ma personne… » Puis le divin crucifié ajouta : « Offrez à mon Père éternel le grand sacrifice de Jésus-Christ, le prêtre éternel. »

Aussitôt tout disparut, mais cette vue me laissa un très grand désir de souffrir les mêmes peines que mon aimable et cher Sauveur ; ce désir que je sentais en moi d’aimer et d’aimer encore mon Tout, la vie de ma vie, s’allumait de plus en plus ; je languissais, mes forces diminuaient par l’effet de ce dévorant désir d’aimer pour moi, d’aimer pour tous les hommes et de souffrir afin de réparer pour ceux qui ont offensé, qui offensent et qui offenseront mon très amoureux, mon très aimable Sauveur Jésus.

Entre les nombreuses illusions que je ne connais pas, en voici une que j’ai connue par ma propre expérience ; cela est bon pour m’humilier et me plonger dans mon néant. Il est très vrai que de toute l’ardeur de mon âme, je désirais le très pur amour de Dieu et les souffrances les