Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/93

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
33
VIE DE MÉLANIE

coup de lumières sur les mystères de notre sainte foi et sur les attributs de l’Être incréé ; et tandis que je comprenais un peu l’amour de notre amoureux Rédempteur pour ses créatures, mon cœur semblait vouloir sortir de ma poitrine, je désirais souffrir. C’était selon moi le seul moyen en mon pouvoir de manifester mon amour et ma vive reconnaissance pour les bienfaits reçus.

Déjà depuis plusieurs jours j’étais dans le bois et je ne pensais nullement à retourner chez mes parents puisque cela m’avait été prohibé et que je croyais devoir obéir absolument à qui avait autorité sur moi. Pendant tout ce temps je me nourrissais des petits fruits qui croissent en ce bois. Je dois dire cependant que, plusieurs fois, mon aimable Frère m’apporta un mets délicieux qui restaurait entièrement mes forces pour plusieurs jours. La première fois c’était une très belle violette : je la mangeai ; ce n’était ni du pain ni du miel, je ne sus pas ce que c’était, sinon une liqueur, une substance très savoureuse et odorante. Aussitôt je fis le mouvement de vouloir baiser mon adorable Frère pour lui démontrer ma gratitude. Il leva sa main droite jusqu’à la hauteur de son angélique face et me