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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/89

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VIE DE MÉLANIE

hypocrite, fausse dévote ; il y en avait qui, avec un semblant de compassion, m’invitaient à les suivre, à prendre la bonne route, parce que le bon Dieu ne nous avait pas créés pour que nous nous abstenions des divertissements et que nous nous martyrisions de la sorte, que je ne devais pas écouter le charlatanisme des prêtres, etc. Je gardais le silence et je marchais toujours. Je regardai où allait cette multitude sans frein et la vis se précipiter et disparaître comme dans un puits d’où sortait une fumée très noire et des flammes. Je tombai à genoux épouvantée, terrifiée, j’embrassai, je baisai avec un ardent amour le crucifix, et m’offris au divin Rédempteur pour la glorification de son éternel amour tous les jours de ma vie. Et pendant que je faisais un ardent acte d’amour je me sentis presser la main ; mon cœur commença à battre très fort, très fort, et l’Amour que je croyais avoir perdu reparut : mon bien-aimé petit Frère était près de moi. La grandissime consolation que j’en eus mit fin à cette vision et je me retrouvai à ma place dans le bois : il faisait jour.

J’étais seule, mais je sentais que le Tout-Puissant, le Très-Haut, mon très amoureux Rédempteur était avec moi quoique je ne le

5.