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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/85

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VIE DE MÉLANIE

monde ; que le Très-Haut m’avait créée pour l’aimer au possible ; que je devais veiller sur mon cœur incliné à trop aimer les créatures et à en être aimée. Après cela, mon très doux Frère me prit par la main et me dit : « Où voulez-vous aller ? » Je répondis aussitôt : « Au Calvaire. » — « C’est bien, me dit-il, mais faites bien attention de ne pas me laisser, sinon vous tomberiez. »

À l’instant le bois disparut, et nous nous trouvâmes au pied d’une haute montagne sans trace de chemin. La voie droite était encombrée au commencement, puis, plus haut, il y avait des grosses pierres, des rochers et des plantes piquantes ; plus haut nous trouvâmes pierres, rochers, épines et petites croix ; plus haut des grosses épines et des croix ; plus haut des grosses épines et des grandes croix les unes sur les autres, de sorte qu’il m’était très difficile de marcher. Mon Frère paraissait ne pas sentir la fatigue ni les déchirures que me faisaient les épines tandis que mes pieds s’enfonçaient dans les trous entre les croix. Une fois et même deux fois mon pied resta engagé et ce fut avec beaucoup de peine que je pus le sortir ; mais une fois surtout je fus si encombrée par les épines et les croix que je tombai, et dans la secousse