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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/84

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VIE DE MÉLANIE

éclairé comme en plein jour et sans ombre. La même douce voix dit : « Je suis votre Frère, venez. » Je me mis sur pied, et je vis mon bon Frère vêtu d’une robe rose, des souliers blancs. Aussitôt je m’élance pour aller l’embrasser ; il me dit que ce n’était pas encore l’heure de l’embrasser. À l’instant mes peines cessèrent. J’eus par cette apparition une claire connaissance de l’éternelle Sagesse de Dieu. Ainsi je sus que la Bonté éternelle se trouve partout sans occuper d’espace, et ainsi de suite…

Mon aimable Frère me dit que la vraie sagesse est dans la connaissance de notre Créateur et dans l’amour de la croix pour l’amour de Dieu ; qu’on doit aimer le Rédempteur pour Lui-même, non tant pour ses dons, non tant pour le ciel des cieux qu’il donnera par miséricorde à ses serviteurs. Plus mon très aimé Frère me parlait, plus je sentais le besoin, la nécessité, la faim d’aimer mon très amoureux Rédempteur, et plus aussi je me sentais petite, vile. Il me semblait que je rapetissais en contemplant la grandeur, la puissance de mon Divin Sauveur.

Mon très doux Frère me dit que je devais remercier la miséricorde divine qui se servait de mes parents pour me détacher des affections du