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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/83

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VIE DE MÉLANIE

taient plus, tout était dans un profond silence. Je pensais de nouveau à mes chers parents que je croyais ne plus revoir ; puis me revenait la pensée consolante de la croix de mon père et surtout du Christ, là crucifié ; je me disais : le Bien-Aimé, le Christ ne pleurait pas, il fermait les yeux et se taisait : je l’aime comme il est et je veux faire comme Lui. Alors j’essuyai mes larmes, je fermai les yeux et je m’endormis, pour ne me réveiller qu’après le lever du soleil.

Pendant que je dormais j’eus le songe que voici : J’étais abattue d’esprit et de corps, je cherchais un lieu de repos sans pouvoir le trouver parce que mes forces semblaient m’abandonner. Enfin je vis qu’un grand arbre avait été coupé parce qu’on n’avait pu l’arracher, vu que ses racines très profondes et très grosses étaient entrelacées. Du pied de l’arbre coupé était sorti un bourgeon comme un second arbre ; je m’étais assise sur le tronc, les épaules appuyées au nouvel arbre, et m’étais assoupie de lassitude ; mon esprit était suffoqué par de si grandes et si nombreuses peines endurées. En ce moment d’amère souffrance, je m’entendis appeler : « Sœur, ma chère sœur. » J’ouvris les yeux sans voir personne, et cependant tout le bois était